Historique

Historique

Portrait du roi de France Louis XIV paint par Hyacinthe  Rigaud - 1701En 1661, le Roi Louis XIV entreprit les travaux d'extension du pavillon de chasse de son père. Progressivement, des projets furent exécutés, pour les plaisirs du Roi, afin d'alimenter en eau, les fontaines, jeux d'eau et cascades qui viennent animer les bâtiments et les jardins de Versailles. Ainsi, la collecte des eaux de source avoisinantes, l'aménagement de l'étang de Clagny, le captage des eaux de la Bièvre actionné par des moulins à vent, l'amenée des « Étangs Inférieurs» du plateau de Saclay, puis celle des « Étangs Supérieurs» de Rambouillet à Trappes, furent réalisés pour renforcer la ressource en eau tant désirée.
D'autres programmes furent abandonnés ou inachevés, comme la construction d'un canal de la Loire jusqu'au château, les captages du cours de l'Eure, la construction d'un canal navigable de 83 km de long.

Néanmoins, il s'avérait difficile de disposer d'une quantité d'eau fixe et régulière. C'est pourquoi l'idée de refouler l'eau de la Seine à Versailles devint une solution séduisante, mais difficile à mettre en œuvre.

En 1678, le Chevalier Arnold de Ville, gentilhomme et homme d'affaires liégeois, proposera au Roi de refouler l'eau de la Seine à Versailles. Entrepreneur général, il s'associa à un charpentier Liégeois, Rennequin Sualem.

La grande dénivelée entre la Seine et le plateau de Louveciennes (150 m), les conduisit à concevoir une machine dont l'originalité fut de refouler l'eau en trois étages successifs. Le site retenu pour l'installation de la Machine fut trouvé entre Bezons et la chaussée de Bougival.

Afin d'accentuer la dénivelée aux abords de la Machine (1,65 à 2m), deux lits de rivière parallèles furent créés sur plus de 10 km de longueur, en reliant les différentes îles existantes par des digues de charpente. Le bras de droite, plus dangereux, était réservé à la navigation fluviale, alors que celui de gauche était barré par la machine.

La machine comprenait 14 roues à aube de 36 pieds de diamètre (environ 12 m). Le mouvement de rotation, fourni par chaque roue, était transmis de chaque côté de la roue à deux systèmes indépendants, soit pour faire fonctionner le premier étage de pompes, soit pour transmettre le mouvement aux pompes des étages supérieurs.

Il y avait trois étages de pompes, les premières aspirant l'eau dans la Seine et la refoulant dans le premier puisard dit de mi-côte, situé 49 m plus haut et distant de 200 mètres, le second étage reprenant l'eau dans ce puisard pour la refouler au puisard supérieur, situé 52 m plus haut et distant de 430 m, et enfin le dernier étage reprenant l'eau de ces puisards pour la refouler en haut des arcades de Louveciennes, situées 57 m plus haut, soit 155 m au-dessus de la rivière et distantes de 1200 m de celle-ci.

Les pompes du premier étage étaient manœuvrées assez facilement au moyen d'organes constitués de bielles, varlets et balanciers. Il n'en était plus de même pour le deuxième et le troisième étage : la force motrice y était transportée à des chaînes soutenues, tous les 5,85 m, par des supports oscillants et montés sur des estacades de bois appelées « petits chevalets », pour les pompes du deuxième étage (longueur 234 m), et «grands chevalets » (longueur 670 m), pour les pompes du troisième étage.

Le mouvement circulaire généré par les roues était transformé en mouvement alternatif par bielle et manivelle.
Quelques 259 pompes, soit une puissance théorique d'environ 700 ch, pour un débit maximal de 6000 m3 d'eau par jour, furent installées. Elles se répartissaient en 64 pompes aspirantes et refoulantes à la Machine elle-même, 79 pompes à l'étage de mi-côte et 78 pompes à l'étage supérieur. Ces pompes avaient 10 à 15 cm de diamètre et 1,30 m de course.

Ajoutons, aux deux stations intermédiaires, respectivement 14 et 16 pompes supplémentaires, pour relever l'eau des sources captées dans le coteau. En bas, à la machine, 8 pompes nourricières maintenaient de l'eau au-dessus des pistons, pour éviter les entrées d'air.
A l'extrémité du troisième refoulement, l'eau arrivait en haut de la tour nord de l'aqueduc de Louveciennes. De la tour sud, partaient des conduites alimentant les réservoirs de Marly, appelés maintenant « Réservoirs des Deux Portes », qui sont demeurés tels quels.

La Machine fut inaugurée le 16 juin 1684 par le Roi.
Elle fut regardée pendant plus d'un siècle comme l'une des merveilles du monde. Entreprise insensée pour l'époque, elle nécessita la mise en œuvre de moyens colossaux, aussi bien techniques que financiers.

Son coût total de construction fut d'environ 3 953 561 livres. Son entretien coûtait cher: 70 000 à 80 000 livres par an destinées aux réparations des ouvrages et à la présence continuelle de 50 ouvriers (forgerons, charpentiers... ). Malgré cela, la machine se détériora progressivement.

En 1800, l'état de délabrement était tel que l'idée de réparation fut abandonnée ; il fut décidé de construire une machine à vapeur de l'autre côté de la route nationale. Le 24 août 1817, la première Machine de Marly cessa pour toujours son service. La machine à vapeur avec ses pompes fut établie de 1811 à 1825, elle avait une puissance de 95 ch et débitait 2000 m3 par jour. Elle cessa de fonctionner en 1859. Elle était abritée par un bâtiment de style grec dit « de Charles X » qui subsiste toujours.

La machine de Napoléon III

L'Empereur Napoléon III s'intéressa d'autant plus à la machine hydraulique que ses conduites avaient été établies sur Saint-Cloud et qu'il désirait amener l'eau de la Seine à son château préféré. On hésita entre l'emploi de turbines et celui de roues hydrauliques; c'est vers ces dernières que s'orienta Regnault, membre de l'Académie des Sciences, et ce sont elles que retint la Commission nommée à cet effet. La machine était abritée dans un bâtiment de 58 m de longueur sur 10 m de largeur. Elle comportait six roues de 12 mètres de diamètre et de 4,50 m de largeur, commandant chacune par bielle et manivelle, quatre pompes hydrauliques à simple effet. Chaque roue pesait 120 tonnes et pouvait élever avec ses quatre pompes, à la vitesse de quatre tours/minute, environ 3500 m3 pour jour, soit 21 000 m3 pour l'ensemble de la Machine.

Jusqu'en 1979, le Service des Eaux et Fontaines de Versailles, Marly et Saint-Cloud, créé par Louis XIV, avait en charge la distribution d'eau potable et l'alimentation des fontaines et jeux d'eau des anciens parcs royaux.
Ainsi, 300 000 habitants, répartis sur 26 communes étaient, desservis en eau potable.

En 1979, un Syndicat d'études, regroupant les communes concernées, fut créé afin de prendre le relais de l'État au 1er janvier 1980 pour le service de la distribution de l'eau potable.
La tâche du syndicat n'était pas simple, il lui fallait s'assurer dans l'immédiat, la production d'environ 30 millions de mètres cubes par an d'eau, de bonne qualité pour alimenter à travers un réseau de plus de 700 km, dont 10 % étaient devenus défectueux ou insuffisants, les 30 000 abonnés.

Dès lors, le Syndicat entreprit un programme d'investissement afin d'améliorer la qualité de l'eau distribuée, d'accroître la capacité de production et de renforcement des moyens de distribution.


La distribution de l’eau du Syndicat Mixte pour la Gestion du Service des Eaux de Versailles et Saint-Cloud

Jusqu'en 1979, le service des Eaux et Fontaines de Versailles, Marly et Saint-Cloud est le seul service de distribution d'eau géré directement par l'État, Ministère de la Culture, pour ses dépenses d'investissement et de fonctionnement.

La facturation de l'eau était assurée par le Ministère des Finances.
Cette situation sans équilibre des recettes et des dépenses, a conduit à des difficultés financières importantes, pour réaliser des installations capables de faire face aux besoins nés de l'augmentation de la population et de la progression de la consommation unitaire, liée à l'amélioration générale du niveau de vie.

Aussi en 1980, le Syndicat Intercommunal pour la Gestion du Service des Eaux de Versailles et Saint-Cloud, nouvellement créé, engagea le processus de redressement de la situation et la définition d'un programme de renforcement de la production et de la distribution.

Dans un premier temps, il désigna pour l'assister dans sa démarche, un Ingénieur-Conseil, le Cabinet d'Études Marc Merlin, qui fut chargé de concevoir les projets et de définir les procédures, pour assurer non seulement la gestion du service, mais aussi le financement d'installations nouvelles de production et de distribution.

La société des Eaux de Versailles et Saint-Cloud, fut alors désignée comme concessionnaire. Dans le cadre du contrat, elle a la charge du fonctionnement de la production et de la distribution de l'eau, tant sur le plan administratif que technique; elle assume également le financement des investissements de production (captage, adduction, traitement de l'eau) et le renouvellement de tous les ouvrages (bâtiments, équipements, réservoirs, canalisations et branchements). Depuis le 01 Janvier 2015, un nouveau contrat de délégation de service public a débuté avec la SEOP (Société des Eaux de l’Ouest Parisien).

Les communes desservies par le Syndicat Mixte pour la Gestion du Service des Eaux de Versailles et Saint-Cloud sont les suivantes :

pour le département des Hauts-de-Seine :

les communes de MARNES-LA-COQUETTE, de VILLE D’AVRAY, la Communauté d’Agglomération de COEUR DE SEINE, constituée des communes de GARCHES, VAUCRESSON et SAINT-CLOUD ;

pour le département des Yvelines :

les communes de LOUVECIENNES, CHAVENAY et LES CLAYES SOUS BOIS, la Communauté d’Agglomération Versailles Grand Parc, constituée des communes de BAILLY, BOUGIVAL, BOIS D’ARCY, BUC, CHATEAUFORT, FONTENAY-LE-FLEURY, JOUY-EN-JOSAS, le CHESNAY, la CELLE SAINT CLOUD,NOISY LE ROI, RENNEMOULIN, ROCQUENCOURT, SAINT-CYR-L’ECOLE, TOUSSUS-LE-NOBLE, VERSAILLES, la communauté d'Agglomération de SAINT-QUENTIN-EN-YVELINES, constituée des communes de GUYANCOURT, MONTIGNY-LE-BRETONNEUX, TRAPPES, ELANCOURT, la VERRIERE, VOISINS-LEBRETONNEUX, PLAISIR, COIGNIERES et MAUREPAS.

Soit en quelques chiffres :
450 000 habitants desservis, 22 millions de m3 par an, 1000 km de réseau, 37 000 abonnés, 2600 bouches ou poteaux d'incendie.


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